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A8 - Contre la Gloire du Travail (30-5-16)

Une fois de plus le bras de fer est engagé entre le Gouvernement et la CGT. Comme d’habitude, c’est la guerre de tranchée. Tout va se bloquer et la France va perdre un peu plus de sa notoriété.

La CGT, si j’en crois les médias vit les derniers soubresauts d’une ère révolue. J’entends encore Coluche se moquer de ce syndicat qui n’avait pas au début que des mauvais côtés mais qui n’a pas su évoluer.

La guerre des tranchées avait un intérêt en 1914, les avions ont tout détraqué dans la stratégie des généraux de toutes les armées. Quand la CGT s’appuyait encore sur le Parti Communiste qui fricottait avec le Kremlin, faire une guerre froide avec les patrons pouvait se concevoir.

J’ai fait ma vie dans l’industrie, et mes ouvriers étaient presque tous de la centrale de M. Krasucki. J’en ai eu des bons, des avec qui j’ai fait des projets remarquables, mais jamais ils ne s’appuyaient pour réfléchir sur les ordres de la Centrale. Les gens du Syndicat qui font la stratégie sont des nantis qui peuvent réfléchir de Paris quand tous les autres rament pour eux. Les élus de la centrale sont la nomenklatura comme elle existait au Soviet Suprême !

Et pour la CGT, à ce titre-là, rien ne semble avoir changé. J’ai du respect pour les gens engagés de la CGT, les locaux, ceux qui œuvre pour le bien de leur société, même ceux qui ont hérité de cette façon de penser « les patrons sont tous des enfoirés » de leurs parents, sans remarquer que le monde avait changé.

Pour transformer des usines, j’ai eu à faire aux syndicats, quand vous virez 200 personnes pour vous adapter au marché, plus d’une fois vous ne dormez pas à cause des choix que vous avez à faire. Des hommes et des femmes attendent une décision qui leur coupera les bras. En expliquant, en prenant le temps de la négociation, grâce à leur attention ou leur résignation on a sauvé des emplois. Aller au conflit aurait tout détruit.

Par orgueil, acculé dans les méandres de sa politique éculée, incapable d’inventer une méthode moderne pour faire passer ses projets, le gouvernement a choisi le 49-3. Un choix qui selon les ministres devait faire avancer la loi. Tout au contraire est en train de se bloquer.

Oh, je ne m’en fais pas cela va se débloquer mais quelqu’un va y laisser des plumes cette fois. J’aimerai bien que ce soit la CGT : Contre la Gloire du Travail. Car avec ses méthodes surannées, ses stratégies démodées, elle s’est détruite elle-même. Dire que le parti sur lequel sa philosophie s’appuie prônait l’autocritique. Encore un boulot de bâclé, ce n’est pas le dernier.

Les temps pré-élections sont toujours dramatiques. Alors qu’ils n’ont plus d’idées pour sortir le pays de l’ornière dans lequel ils l’ont mis, les prétendants font feu de tout bois pour trouver des propositions qui marcheront la prochaine fois. Et nous on les regardent en attendant quoi ? Mais peut-être est-ce le mois de mai qui permet de sortir sans trop se mouiller pour aller manifester. Tous ces gens dans la rue, que font-ils d’autre que détruire un peu plus ce qui est déjà cassé.

Les syndicats ne peuvent exister que s’il y a des patrons. On parle sans arrêt de précarité, mais que devient le mot quand le travail n’existe pas. Le français d’aujourd’hui est bien né. Il veut en même temps tout et son contraire. Pour faire un sondage et alerter l’opinion, les vraies questions ne sont jamais posées. Un amalgame fait masse, c’est comme ça que des gens passent auprès de « Nuit Debout » sans savoir ce que c’est.

Nous avons des enseignements de l’école primaire à l’université qui ne servent à rien pour l’efficacité d’un pays aujourd’hui. Nous avons des ministres qui engagent des reformes branlantes depuis des décennies et elles nous enfoncent un peu plus. Nous faisons aujourd’hui la promotion de la formation par apprentissage. Une forme qui existait il y a 50 ans et qui a été détruite. Remarquez que dans le même temps on remet dans les villes les tramways voués aux gémonies il n’y a pas si longtemps. Raccourcir les jupes fait aussi travailler les couturiers… Mais avec tout cela on n’avance pas. Surtout on ne réforme pas. Les enjeux sont trop grands quand il s’agit de s’occuper de son propre cas. Que retirent les français de regarder la saga dans les médias qui titrent un coup sur le Président, ses ministres ou ceux qui voudront l’être, puis sur les prétendants de l’opposition. On pense à demain au pays de Jean de la Fontaine, de la « Cigale et la Fourmi » et l’on ne fait aujourd’hui pour préparer demain.

Les meneurs de la révolution avaient établi « un comité de salut public », même les hommes de gauche ont oublié ce que c’était. Sauver la France, tout le monde y pense et rien ne se fait pour cause de petit intérêt personnel.  Car c’est bien cela qui est dramatique, une fois élu les gens font le contraire de ce qu’ils avaient proposé. Cinq années sont bientôt passées à continuer de se chercher. Et aucun français dans la mare boueuse dans laquelle on est tombé, ne peut s’y retrouver.

Demain ? Attendons encore, on rase gratis. Haut les cœurs, on y croit ! Tout est manipulé pour garder les avantages acquis. Ceux qui font la stratégie à la CGT comme dans les ministères ont oublié ce qu’était le travail ou bien pire encore n’ont jamais travaillé, sauf pour avoir leur diplôme. Mais alors pourquoi en faire ? C’est là toute la question. Pondre des énormités qui mettent le pays sens dessus dessous, encore un peu et ce sera à feu et à sang.

Nous élisons des gens qui ont vite fait de tout oublier et en particulier d’où ils venaient. C’est vrai dans l’industrie comme au Gouvernement. Et le peuple attend, il est sans arrêt manipulé et il attend. De Gaulle avait raison nous sommes des veaux qui attendent que quelqu’un apporte la paille.

On était fier, on l’est resté mais il n’y a plus personne pour nous écouter. On s’est moqué du monde, on a menti on s’est engagé puis aussitôt rétracté. Fatalement notre influence a chuté. Pour la remonter il va falloir ramer, tous ensemble sinon on ne va pas y arriver.

Dans l’ambiance du moment, ce n’est pas gagné, mais cela vaudrait quand même le coup de réfléchir et d’essayer. Faire par exemple un communiqué à tous ceux qui veulent se présenter et leur dire ce que l’on veut et prendre nos responsabilités. Virer la CGT et le Gouvernement et mettre en place un nouveau comité pour le salut de tout un public !


  




Michel Prieu

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