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B22 - La Coupe du Monde Deschamps (16-07-18)





Merci Monsieur, 


Chapeau DD, « il y a la qualité ! » est encore plus vraie aujourd'hui. La qualité s'est adaptée aux circonstances pour ramener ce trophée tant convoité dans le monde entier. Merci Didier d’avoir fait ce que tu as fait : associer des talents au lieu de simplement les ajouter.

Merci de donner cet exemple de management. Macron s’est invité au dernier moment comme pour faire challenge mais la politique n’est pas entrée dans le parcours des joueurs. Une coupe du monde où l’on n’a parlé que de sport, pas de raisonnement fumeux comme auparavant.

Cette coupe du monde est aussi un hommage à la jeunesse, à qui je trouve on ne fait pas suffisamment confiance. Le changement de génération va avec le changement du monde. Je perçois avec joie que pour réussir aujourd’hui il n’est pas besoin que tout soit parfait. Il faut tenter, innover, avoir des idées mais surtout les mettre au service de ses actes. Ces jeunes l’ont fait grâce à toi DD.

Les chagrins sans doute diront que nous n’avons pas pratiqué le meilleur football. Ce foutu football à la française que l'on attend pénardement en buvant une bière ou un pot de vin dans les bistrots et les chaumières. 

Putain de jeu à la française qui nous a fait tant de mal depuis des années. Le rugby, le golf et le tennis n’en sont jamais sorti. Toi qui a bourlingué partout sur la planète tu as acquis le pragmatisme que tout le monde pratique et que nous nous attachions à combattre.

Partout dans le monde on nous envie cette manière de débrouiller le chaos d’une situation et dans notre propre pays on s’embrouille trop souvent à couper les cheveux en quatre. Cette fois tu as su garder éloigné tous les gêneurs qui pouvaient te critiquer. Ils ont sévi quand même mais moins que Aimée  celui qui peut-être t'a inspiré...

Je suis sûr que cela t’a fait du mal, tu es plutôt sensible, tu sais qui tu es et comment tu t’es entouré mais aussi protégé. Il suffit de faire le tour de tes proches amis.

Tu as a gagné avec toutes les équipes dans lesquelles tu as été joueur puis entraîneur. Apothéose de sélectionneur. Aux yeux du monde tu es un « winner », cette sorte d’homme qui sait créer le socle du succès.

Tu as choisi tes hommes de longue date, car tu sais anticiper. Tu as étudié de loin les gamins qu’il te fallait pour en un seul mois les associer, les marier pour que tout se passe bien. Comme tous les enfants sans doute manier la carotte et le bâton. J’imagine que dans les vestiaires et les causeries tes remontrances n’ont pas fait un pli. Je sais aussi que pour les aider, les pousser dans leurs retranchements tu as choisi tes leaders, il suffit de voir comment tu sais les embrasser quand ils ont fini de jouer. La bienveillance aujourd'hui est importante pour manager.

Tu as surfé sur le foot moderne, fait de fulgurance à la place de suffisance. Posséder n’est pas gagner, tel est le sujet. Les grandes nations sont tombées pour n’avoir rien anticipé de ce jeu particulier qui change avec la vitesse du monde.

Tu es resté ferme sur tes convictions malgré l’orage des premières critiques alors que la qualification était acquise avec une relative rapidité. Pour une fois pas besoin d’attendre le dernier jour pour savoir si l’on serait qualifié pour cette nouvelle coupe du monde du sport le plus populaire de toute la planète. Des millions de joueurs qui depuis leur enfance rêvent de remporter le trophée créé par un français, Jules Rimet. Le sigle ajouté FIFA World Cup ne fait qu’actualiser le changement et l’omnipotence du marketing.

Ton marketing à toi, c’est le succès, où que tu te trouves tu es là pour gagner. 

Sacrée faculté chevillée au corps. Tu vas pouvoir essayer de transmettre tes idées en conférences dans toutes les travées des entreprises et de la politique. Personne encore n’a crié « Deschamps Président », mais je suis prêt à voter si quelqu’un te décide à te lancer dans cette voie. J’imagine qu’avant ton ami Noël (le bien nommé, tu lui a fait un beau cadeau) t’aura invité à lui succéder.

Tu as bâti ta victoire et celle de ta bande de jeunes sur la défense collective et individuelle. Dans l’ordre, super efficace avec ses tours centrales et dans le désordre, Umtiti ou Varane individuellement mobilisé par le courage et l’abnégation, le savoir-faire de qualité personnifié. A ton image cette équipe est pragmatique bien assise sur ses bases. Humble et lucide mais avec la "grinta" qui t’appartenait et que tu as su leur insuffler.

Tu as parfaitement illustré ton savoir faire de manager en ne laissant rien apparaître des difficultés qui mènent au succès. Ton exigence matinée de bienveillance laisse la responsabilité de jouer à ceux qui sont sélectionnés. Tu sais les protéger. Cela donne un équilibre à l’équipe et à chacun le pouvoir de se déterminer. Des talents dans ce contexte se sont révélés et les compteurs financiers vont sauter. Tant mieux pour eux, c’est indécent mais on ne peut pas contrôler le marché.

Cela montre l’intelligence des joueurs qui pour une fois ne sont pas passés pour des niais. Entendre parler « Grizi » ou « Kiki » qui du haut de ses 19 ans pue l’intelligence. Ils ne sont pas parfaits, ont fait des conneries mais sans conséquences car ils ont assumé qui ils sont vraiment. Griezmann est un monstre d’humilité pour se mettre au service de l’équipe ce qui n’était pas perceptible d’entrée pour faire le complément rassurant au talent de Pogba et de Mbappé. Hernandez s’est sublimé de son côté et la finale a montré que sans être ordonné un match pouvait se gagner. Vision, volonté et détermination les clés du succès, la foi en soi et ses copains chevillée au corps.

Impossible de terminer cet élan pour te remercier sans noter que tout cela n’aurait pas été possible sans le travail de formation accompli depuis des années dans les structures de la FFF. Il semble que le plan mis en avant il y a maintenant quelques années sert la cause nationale et internationale. 

La fuite des cerveaux comme Platini ou toi, Zizou bien sûr et tes potes de 1998 a obligé les clubs à travailler. Bien entendu je suis fâché parfois le dimanche quand j’entends des parents brailler voire en venir aux mains au bord d’un terrain de banlieue. Cela fait partie du jeu que cette passion qui anime le ballon rond. Plein de gens de bonne volonté peuvent aujourd’hui être fiers de l’amour qu’ils ont donné à ce jeu.

J’aime moins le foot que le rugby parce que de petits cons comme l’a fait Neymar au cours de ce championnat ne donnent pas l’image d’un adulte qui gagne autant d’argent. Il va sans doute payer assez cher ses simagrées quand le championnat de D1 va recommencer: à Saint Etienne, l’OM ou Dijon..., il va ramasser.

Mon rugby, mon golf et mon tennis ont un nouvel exemple de ce qui est à faire pour avoir du succès au sens planétaire. De la sueur et des larmes, de l’humilité et la lucidité de retrousser les manches pour aller chercher les hommes et les femmes, petits et grands pour s’associer et faire comme tu as fait.

Tu es aujourd’hui à jamais sur le toit du monde du football, mais je sais que demain tu redescendras et que de nouveau quand ce sera le moment de bosser tu seras de nouveau là.





Michel Prieu

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